Premier long-métrage de Eisenstein qui abat un travail titanesque de découpage et de montage pour donner corps au Prolétariat, à la lutte politique en abolissant l'histoire individuelle au profit de la masse, la révolution comme un objet artistique, le cinéma comme éveil et éducation pour le peuple, contre l'oppression.
Film majeur pour sa conception du cinématographe comme un art à part entière auquel il donne une forme moderne via des métaphores visuelles et des raccords de montages sans lien de causalité, unis par le sens et le rapprochement des images.
Il se dégage une énergie folle, un dynamisme purement musical et sensoriel des séquences, des plans, des images, les mains et bras s'animent dans le cadre dans un mouvement général qui ne semble pas pouvoir rompre.
La répression sera pourtant sauvage, les jets d'eau lézardent l'écran et essoufflent le spectateur avant de l'achever dans la violence crue de mises à mort animales violentes et réelles.