Chronologiquement, "The scarlet claw" est le neuvième film sur les 14 que compte cette collection d'adaptations de Sherlock Holmes, tournées entre la fin des années 30 et la première moitié des années 40. Et c'est surtout le meilleur que je vois jusqu'à présent.
On le sait, cette saga mettant en vedette le duo Basil Rathbone - Nigel Bruce n'a pas marqué l'histoire du cinéma, plombée par une poignée de défauts récurrents : des films à la durée très brève, peu propice à des intrigues complexes, un docteur Watson bête comme ses pieds réduit au rôle de comic relief, et une dimension mercantile un peu trop visible, privilégiant la quantité à la qualité.
Pourtant, "The scarlet craw" parvient à s'éloigner de ce statut de petit divertissement vite oublié, en proposant une intrigue remarquablement construite, doublée d'une ambiance mystérieuse et inquiétante.
Certes, cette dernière évoque un peu trop "The hound of the Baskervilles" (le monstre qui terrorise la population rurale, l'atmosphère nocturne et embrumée sur la lande, le stratagème identique...), et le rythme forcément rapide ne permet pas de s'en imprégner autant qu'il le faudrait, mais cela fonctionne, et on se plonge avec délice dans ce climat d'angoisse et de mystère (d'autant que le film ne lésine pas sur les morts violentes)
En prime, le scénario s'appuie sur un ressort narratif qui fonctionne toujours bien avec moi, à savoir le whodunit. Les suspects sont nombreux au sein de cette petite communauté provinciale, et le récit multiplie astucieusement les fausses pistes. D'ailleurs, je reconnais que le véritable meurtrier n'était pas forcément celui que je soupçonnais le plus.
A noter que cette enquête de Sherlock Holmes est délocalisée en territoire québécois, mais cette particularité n'est guère exploitée durant le film, à l'exception d'un ou deux détails, de l'ordre du dépaysement un peu factice.