Le film de Jacques Daroy a pour lui le beau village de Provence où il est tourné. C'est à peu près tout. Car l'adaptation de "La guerre des boutons" prend des libertés malheureuses avec l'histoire des Longeverne et des Velran; elle accommode le sujet à sa façon et c'est particulièrement insipide. Même la présence de Saturnin Fabre, en candide instituteur de Longeverne, n'introduit aucune saveur. C'est précisément l'adjonction inutile de personnages (un maire, une belle institutrice de Velran...) et l'usage futile qui en est fait qui nous détournent de l'esprit et de la langue du roman de Louis Pergaud.
Daroy met en scène une version aseptisée, une version ou les gosses turbulents et batailleurs sont "encadrés" par les adultes, ce qui contrevient complètement au contenu du livre. On ne risque pas de retrouver notre plaisir de lecture et à peine nos souvenirs. L'histoire des boutons et du trésor de guerre amassé est purement anecdotique, quelconque, ce qui est bien dommage; elle se dilue dans des incidents bénins, entrecoupés par des séquences qui n'existent pas dans le roman.
L'autre défaut majeur et rédhibitoire est la faiblesse de l'interprétation des jeunes comédiens qui ne restituent de l'enfance et de l'espièglerie de l'enfance pas grand 'chose d'authentique ou de sensible. C'est évidemment l'approche du réalisateur qui en est la cause.