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le 20 nov. 2017
SuivreLes braises sauvages
Le couple a toujours été un sujet de prédilection pour Bergman, sujet qui a pris une place de plus en plus importante au fil de son œuvre. La honte articule cette thématique avec une autre, qui...
Dans une île fictive se déroule une guerre civile qui ne l'est pas moins. Un couple d'anciens musiciens vit à l'écart : radio cassée, ils ne s'occupent que d'eux-mêmes, mais la guerre se rapproche.
La honte de Bergman semble rejoindre l'innocence de Brecht, cette fameuse innocence qui rend plus coupable ceux dont elle est l'apanage. A savoir que parfois, ne rien faire c'est aussi être coupable. et quand la situation dégénère, il est trop tard.
La photographie de Sven Nykvist surexpose tout le début du film, donnant un contraste entre le très lumineux et l'ombre profonde. A l'image du film, et de ce couple profondément bergmanien, qui s'aime encore mais dont les paroles brutales révèlent les cassures.
Il faut croire que pour Bergman, la parole est forcément crue et le couple idéal est celui qui arrive encore à passer outre.
Cette surexposition cesse dans la deuxième partie du film, où l'on entre en dystopie. Liv Ullman et Max Von Sydow (toujours impeccables), filmés de loin au sein d'un groupe, alors que jusqu'ici ils l'étaient en gros plan : leur sort montrant que leur solitude et leur écartement du conflit n'étaient qu'un rêve éveillé de leur part. La photographie se fait moins contrastée, la lumière et l'ombre mêlée se fondant en une grisaille uniforme.
Interpellés par des rebelles armés, notre couple clamait son apolitisme, lors d'une interview forcée. Interview qu'on leur renvoie alors, parmi les forces institutionnelles, alors que le document leur parvient avec des voix doublées : c'est là qu'on voit clairement que leur manque d'implication était un leurre, auquel ils croyaient eux-mêmes, mais un leurre tout de même. Et que se dessine de quelle honte Bergman entend parler ici.
A partir de là le film se transforme en trip halluciné se terminant sur une vision saisissante. Bergman nous fait suivre ce couple qui ne comprend pas ce qu'il se passe, et donc le spectateur ne comprend pas très bien non plus. Cela devient une allégorie de toutes les guerres, où le civil lui-même finit par retourner à un stade animal, primaire.
Mais l'espoir, pourtant, ne s'éteint pas : la dernière vision a beau être saisissante, elle redonne aussi la première place à la solidarité. Certaines épreuves ne peuvent pas se surmonter en solitaire.
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Créée
le 1 sept. 2026
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