Brutal, inesthétique et très premier degré, La jeunesse du massacre promet, dans ses 5 premières minutes, une enquête noire et désespérée, une chasse à l’assassin palpitante et sans état d’âme. Bien vite, on se rend compte, un peu triste, qu’il n’en sera rien, Di Léo manque d’idées et livre une enquête pantouflarde qu’il est bien difficile de suivre jusqu’à son terme.


Le cinéaste qu’on a connu plus énervé, se repose entièrement sur la seule scène choc de son film, un viol collectif malsain, rehaussé par une bande son agressive qui provoque le malaise. Conscient que c’est le seul élément qu’il a en sa possession pour bousculer son audience, Di Léo plaque la séquence à la fois au début mais aussi à la fin de son film… mieux vaut deux fois qu’une, on ne sait jamais, des fois qu’on eut oublié de brancher le casque pour l’intro du film, au moins il s’assure qu’on subit son larcin.


Mais si au début, on n’est pas encore réveillé pour prendre de plein fouet cette torture amicale, en fin de film, c’est anesthésié par une histoire sans suspens et un dénouement manqué, parodie grossière du pulsions de De Palma, qu’on reçoit la gifle molle du cinéaste. Bilan, à aucun moment son film n’inspire un sentiment de malaise, c’est tout juste si l’estomac se contracte.


Dans La jeunesse du massacre, il y a l’intention, celle de provoquer une réflexion sur une jeunesse désinvolte, en pleine interrogation, mais surtout extrêmement malléable. Mais à aucun moment le geste n’est de la partie pour la transformer en objet filmique intéressant. Heureusement, Di Léo emballe le tout en à peine 90 minutes, du coup on ne s’ennuie pas trop longtemps, suffisamment toutefois pour mettre ce film en bas de liste quand vient le moment de se remémorer l’oeuvre du monsieur.


Un film à réserver aux complétistes masochistes, les autres seront bien avisés de s’attarder sur d’autres films de sa filmographie à commencer par sa trilogie du milieu par exemple, qui est d’un tout autre calibre.

oso
5

Créée

le 15 avr. 2015

Critique lue 455 fois

oso

Écrit par

Critique lue 455 fois

5

D'autres avis sur La Jeunesse du massacre

La Jeunesse du massacre

La Jeunesse du massacre

7

freddyK

1481 critiques

La Maîtresse Sans Maillot de Bain

Datant de 1969, La Jeunesse du Massacre (I Ragazzi Del Massacro) est le cinquième film en tant que réalisateur de l'italien Fernando Di Leo après une carrière déjà bien fournie en tant que scénariste...

le 14 mai 2023

La Jeunesse du massacre

La Jeunesse du massacre

5

Fatpooper

14131 critiques

J'espère que mes élèves ne me violeront jamais...

L'idée de base est sympa. Le traitement l'est moins. Faut dire que c'est casse-gueule comme projet : un viol, toute une classe de voyous suspectées la victime étant leur professeure et un flic qui...

le 18 oct. 2016

La Jeunesse du massacre

La Jeunesse du massacre

6

HenriMesquidaJr

2786 critiques

Critique de La Jeunesse du massacre par HENRI MESQUIDA

Même s'il fait un peu vieillot (mais l'image a été remastérisé), c'est un film intéressant, de par son sujet. J'ai lu le bouquin "les enfants du massacre" de Georgio Scerbenenco la semaine dernière...

le 9 janv. 2015

Du même critique

La Mule

La Mule

5

oso

917 critiques

Le prix du temps

J’avais pourtant envie de la caresser dans le sens du poil cette mule prometteuse, dernier destrier en date du blondinet virtuose de la gâchette qui a su, au fil de sa carrière, prouver qu’il était...

le 26 janv. 2019

Under the Skin

Under the Skin

5

oso

917 critiques

RENDEZ-MOI NATASHA !

Tour à tour hypnotique et laborieux, Under the skin est un film qui exige de son spectateur un abandon total, un laisser-aller à l’expérience qui implique de ne pas perdre son temps à chercher...

le 7 déc. 2014

Dersou Ouzala

Dersou Ouzala

9

oso

917 critiques

Un coeur de tigre pour une âme vagabonde

Exploiter l’adversité réservée par dame nature aux intrépides aventuriers qui pensent amadouer la rudesse de contrées qui leur sont inhospitalières, pour illustrer l’attachement réciproque qui se...

le 14 déc. 2014