Le propre des films dystopiques est d’avoir une longueur d’avance sur leur époque. Or nous sommes douze ans après La Lune de Jupiter et je n’ai vu aucun Européen autochtone s’adonner à une chasse à l’homme visant à tuer des migrants. Car rappelons-le : c’est précisément ce que le film prétend dénoncer. Il décrit une Europe si peu accueillante qu’elle recevrait, fusil à la main, ceux qui débarquent sur son sol.
Où cela s’est-il produit ? Où est passée l’acuité visionnaire du propos ? A-t-on déjà vu des migrants se faire abattre par des hordes de chasseurs européens ? Rien de tout cela ne s’est produit.
Malgré une prouesse technique indéniablement bluffante, La Lune de Jupiter reste un film débordant de bons sentiments qui, comme souvent avec une certaine pensée gauchiste, n’a aucune prise sur le réel.