Après un pédagogique préambule, devant des amis incrédules, à propos de la quatrième dimension et l'art de s'y mouvoir, George commence enfin son voyage dans le temps à bord de sa drôle de machine immobile. En particulier il voit défiler les années de guerre du XXème siècle et le sort funeste qui attend l'Humanité.
La situation est étrange, troublante, voire ludique, où George peut apercevoir des connaissances à tout âge. Amusant mais naïf, tant la portée métaphysique de la situation inspire à George d'interrogations simplistes. Le pire est à venir lorsque notre fade héros (Rod Taylor, peu inspiré) se projette plusieurs centaines de milliers de siècles (pas moins) en avant. La représentation que le réalisateur Georges Pal fait alors de la population humaine post-futuriste est d'une inénarrable kitscherie. De jolies jeunes filles et de blonds éphèbes flânent dans une sorte d'Eden préhistorique. Décérébrés, ils semblent vivre un bonheur simple et paisible, en dépit de la présence de monstrueuses créatures.
On ne s'appesantira pas sur le sens de l'action qui conduit Rod Tayor à combattre les affreux Morlocks et à s'éprendre de la falote et inexpressive Weena; cette minimaliste intrigue rejoint dans le grotesque les dialogues et la physionomie des personnages.
Dans cette œuvre dénuée d'intentions intellectuelles, Rod Taylor joue les philosophes-moralistes au premier degré. Son appréhension du futur ne lui inspire, à lui le pourtant génial inventeur de la machine à explorer le temps, que de sottes et mièvres considérations. C'en est même drôle.