Vu en avant première en présence de toute l'équipe.
En préambule, il faut savoir que La Maison des Femmes existe bel et bien. Il s'agit, en l’occurrence, d'un lieu d'accueil, d'écoute, d'informations et de soins dédié aux femmes victimes de violences, situé à Saint Denis.
Si c'est la première fois, à ma connaissance, qu'une œuvre de fiction est consacrée à cette structure, elle s'inscrit néanmoins dans une trés longue lignée de films, assez similaires, sortis ces dernières années et ayant pour sujet l' École, l’Hôpital, ou encore la Police. On peut citer Hippocrate de Thomas Lilti, La Vie Scolaire de Grand Corps Malade, Polisse de Maïwenn, mais il y en a plein d'autres en réalité. En ce sens, La Maison des Femmes est donc moins une œuvre artistique singulière qu'un jalon supplémentaire dans un certain type de cinéma social qui a actuellement le vent en poupe.
Le canevas de tous ces films est bien souvent le même : montrer des gens en tous points formidables, faisant un métier dur, chronophage, mais tellement essentiel au vivre ensemble. Le tout, bien sûr, dans des conditions difficiles, le problème étant le manque de considération et surtout le manque de moyens (financiers, humains...) que la société leur accorde. Ce dernier thème étant absolument récurrent dans ce type de film.
En s'inscrivant parfaitement dans ce canevas, La Maison des Femmes réussit le paradoxe de nous montrer des choses humainement et socialement admirables, tout en demeurant sans originalité ni intérêt particulier d'un point de vue cinématographique.
D'ailleurs l'objectif du film est clairement celui d'un documentaire visant à sensibiliser son public aux thèmes qui y sont traités. En faisant sans doute le pari que le vernis un peu glamour, apporté par les comédiens célèbres, aidera à toucher un nombre de spectateurs plus important. L'idée n'est pas idiote et d'ailleurs ça fait plaisir de les voir ces comédiens, tous trés convaincants au passage. Mais, il n'empêche qu'à côté de ça le film dégouline quand même pas mal de pathos et de bons sentiments, tout en étant parfois à la limite du manichéisme (la structure qui fait le bien vs le monde extérieur au mieux égoïste, au pire malveillant). Et puis tous ces personnages formidables, altruistes, courageux, bienveillants, ne comptant pas leurs heures, montrées à longueur de pellicule, c'est super lorsque on les rencontre dans la vraie vie, mais au sein d'un film ils deviennent un peu fatigants à la longue.
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