La Maison du lac
6.8
La Maison du lac

Film de Mark Rydell (1981)

Cette chronique familiale sensible et pleine de tendresse entre un père et sa fille a permis à Jane Fonda de jouer face à son père Henry, car cette histoire de retrouvailles familiales chaque été au bord d'un lac, c'est aussi un peu l'histoire de Jane et de son père qui ont eu des relations assez houleuses au cours de leur existence. J'ai retrouvé un vieil article dans Ciné-Revue où Jane confiait : J'ai dit à mon père dans le film, toutes ces choses que je n'avais jamais osé lui dire dans la vie. Des petits bouts de phrase qui se cachaient au fond de moi et qui font qu'on n'oublie jamais le souvenir de ceux qui vous ont donné la vie. Jane n'est là que pour donner la réplique dans 3 ou 4 scènes, mais l'émotion est là.
Tout le film repose d'ailleurs sur cette relation pudique et parfois agressive qui unit Jane Fonda à son père, et d'un autre côté aussi à celle plus tendre qui unit Henry Fonda et Katharine Hepburn, merveilleux couple de vieux acteurs au soir de leur vie, puisque ce fut en effet le dernier film d'Henry, et l'un des tout derniers aussi pour Kate ; celle-ci a su par son jeu, malgré les tremblements parkinsoniens, s'adapter au nouveau cinéma de son époque, sans se caricaturer comme ce fut le cas pour certaines actrices âgées. Quant à Henry, il incarne un vieux grincheux au coeur tendre que l'approche de la mort angoisse, alors que Fonda lui-même était miné par un cancer.
Les relations filiales et la tendresse évoquées ici se mêlent à la nostalgie des années passées, au temps qui passe et qui ternit irrémédiablement les choses et les êtres, elles sont magnifiquement traduites par ces 3 interprètes, auxquels s'ajoutent aussi les bonnes prestations, bien que plus discrètes de Dabney Coleman et du jeune Doug McKeon. Et ça permet d'atténuer un peu l'aspect théâtral qui pouvait menacer le film, de même que le décor pastoral y contribue énormément, joliment photographié. La mise en scène de Mark Rydell met en valeur les 3 tempéraments des Fonda et de Hepburn sans les brider, en sachant s'effacer discrètement, il parvient à donner un ton tour à tour grave et amusant, frivole et passionné à cette sorte de huis-clos en pleine nature d'une belle intensité. Un beau film sur la vieillesse.

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le 27 janv. 2019

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Ugly

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