Il est d'autant plus intéressant d'écrire cette critique après avoir lu l'approche qu'ont eu Éléonore Faucher et sa scénariste Françoise Charpiat, confirmant l'intelligence, la cohérence avec laquelle l'entreprise a été menée. Aussi sobre que sensible, « La Maladroite » fait preuve d'un beau didactisme pour révéler le drame dans toute sa complexité, sans jamais chercher l'image choc ou à caricaturer les uns ou les autres, y compris les parents de la jeune Stella, dont on peut (vaguement) comprendre qu'ils aient réussi à passer sous les radars. Le but est plus de retracer un échec et une responsabilité collective (certains nettement plus que d'autres, toutefois), et ce dès le moment où les soupçons sont nés jusqu'au meurtre de l'enfant.
Souvent très juste, le récit sait alterner brefs moments heureux et longues périodes d'inquiétudes, de troubles chez les différents intermédiaires, en premier lieu les enseignants, seul corps de métier à être relativement épargné. Touchante interprétation de la jeune Elsa Hyvaert, entourée par un beau casting de comédiens confirmés, que ce soit le duo India Hair - Damien Jouillerot, Isabelle Carré et Émilie Dequenne, impeccables en directrices d'école inquiètes mais impuissantes. Un beau geste de service public signé France Télévisions, et surtout un téléfilm de grande qualité sur un sujet ô combien délicat, : une réussite.