Nous abordons avec ce téléfilm l'histoire maritime du port de Bordeaux et son passé négrier. L'histoire, une enquête policière, est bien construite avec son lot de rebondissements et de surprises. Cependant, deux points litigieux viennent ternir mon enthousiasme :
- La chronologie des faits. Avant le début du téléfilm : Clémence Lacoste, lors d’un flagrant délit, aurait tué deux criminels et aurait été sévèrement blessée (les faits sont plus complexes, mais ils sont présentés ainsi au début). Un mois plus tard (le début du téléfilm), elle réintègre son poste et enquête sur des meurtres avec une mise en scène élaborée et percutante. Les deux événements (avant et au début du téléfilm) sont en réalité liés. C’est tout de même une étrange coïncidence que le meurtrier soit passé à l’action juste quand Clémence reprend du service. Il aurait pu agir avant ou après, mais ici c’est justement lors de sa première enquête après son rétablissement.
- Les liens étroits de Clémence Lacoste avec les suspects (anciens camarades de lycée) et le fait que le passé de sa famille soit lié à l’enquête posent problème. La vraisemblance procédurale est discutable : en pratique, une capitaine impliquée serait récusée ou dessaisie, au moins partiellement, pour éviter les conflits d’intérêts. Cela constitue aussi une deuxième coïncidence. Bordeaux est suffisamment peuplé pour que tout ne tourne pas autour de quelques personnalités qui se connaissent.
Le scénario, en dehors des deux problèmes que j’ai mentionnés, est difficilement prévisible. Personnellement, je n’ai pas découvert le coupable avant les révélations. France Télévision nous propose une sorte de Meurtres à… amélioré. Je dois avouer également que j’apprécie de plus en plus Erika Sainte.