Le truand Massa revient à Nice après cinq années de prison, retrouve deux complices et, avec eux, part à la recherche d'un troisième qui l'aurait donné à la police.
Le sujet et la mise en scène de Robert Hossein est un condensé de balourdises et de moments grotesques. Même lorsqu'on finit pas comprendre la démarche du réalisateur, des séquences, des plans, sont tellement ridicules qu'on se croirait dans une parodie de polar de Georges Lautner...
Massa déambule dans la ville avec ses deux comparses (Robert Dalban et Jean Lefèbvre) marchant trois mètres derrière lui sans décrocher un mot, avec une ritournelle ridicule pour fond sonore (composée par André Hossein, le père). Déjà ça, c'est assez comique. Puis il y a ces courts flashback dans une lumière aveuglante, tellement pauvres et inutiles. On y découvre l'amour plus qu'équivoque que Massa voue à sa jeune soeur (Marie-France Pisier), comme emprunté à une quelconque mythologie.
Car, en fait, Hossein entreprend de réaliser un histoire de gangsters prenant la forme d'une tragédie classique. Aux confins de l'irréalité, avec ses personnages fantomatiques, la dramaturgie est épurée et emphatique, parfois symbolique. Le cinéaste pousse la prétention artistique jusqu'à pasticher, comme une caution intellectuelle, Alain Resnais et "L'année dernière à Marienbad". Son appoche est ambitieuse, mais pas à la mesure de son talent de cinéaste.
Je ne sais pas comment le film a été accueilli à sa sortie; il n'est aujourd'hui qu'une kitscherie très curieuse multipliant les maladresses.