On a beau y revenir régulièrement, il est toujours autant difficile de se faire un avis clair du film. C'est absolument magnifique pendant une heure... Mais le niveau baisse en flèche dans le 1/4 d'heure suivant, pour finir sur 15 minutes de surenchère gore tous azimuts, largement poussives. Où tout conduit trop vite vers une fin bâclée.
C'est d'autant plus ironique que The fly s'est largement bâti une réputation en partie à cause de ses effets spéciaux. C'est d'ailleurs sur le nom de Chris Walas, artisan de la chose, que débute le générique de fin. Avant même celui de Cronenberg. C'est dire si ça comptait à l'époque.
Rétrospectivement, les effets spéciaux sont pourtant le point faible du film. S'ils paraissent datés de nos jours, ce n'est pas tant le problème. Le vrai hiatus vient du fait qu'ils mettent à mal la dynamique du scénario. Tant que The fly se limite à ses personnages et leurs motivations, on se délecte. A commencer de l'interprétation de Jeff Goldblum, qui est tout bonnement géniale. C'est rapide, c'est drôle et c'est passionnant.
Mais dès lors où le film mise tout sur ses effets, le spectacle bascule dans le grand-guignol. Ce n'est pas mauvais, mais c'est soudainement un autre film. Bien moins intéressant. Donc à chaque fois, c'est la même chose. On commence la projection en se disant que les souvenirs de la fois d'avant nous ont conduit à le sous-évaluer. Et on la termine en se disant que le film est quand même terriblement bancal.
Reste une heure quasi parfaite sur 90 minutes, ce qui n'est pas rien. Et ce qui explique qu'on revisionne le film régulièrement, outre le fait qu'il est un des étendards 80's. Mais vu son déséquilibre, le culte autour parait quand même largement excessif.