Sous le soleil ou sous la pluie de Ranchipur, les amours tropicales de Lana Turner et Richard Burton n'ont franchement rien de torride. La passion romanesque et scandaleuse qui nait entre Lady Esketh, blonde mal mariée et mangeuse d'hommes à ses heures, et un médecin indien repose sur les pires poncifs hollywoodiens.
Romance surannée, philosophie indienne de café du commerce, exotisme de pacotille, tels sont les ingrédients faciles de ce drame sans envergure aussi lourdement interprété que passablement mis en scène. La saison de la mousson intervient, tel un symbole lourd de sens, pour exacerber les remous d'une passion qui pourtant demeure bien terne, houleuse comme une flaque d'eau. Pire, en termes de métaphore, un tremblement de terre meurtrier, seul moment spectaculaire et mouvementé du film, sanctionnera, ainsi que le furent Sodome et Gomorrhe, les sentiments et les postures de débauchés des personnages.
On devine bien la dramaturgie du roman adapté par Jean Negulesco mais la mise en scène de ce dernier manque à ce point de conviction et d'inspiration que le récit reste constamment affecté et superficiel.