On aurait pu tomber dans un film cliché, avec une vulgaire menace de sauterelles assoiffées de sang. Fort heureusement, ce n'est pas le cas.
Ce qui nous intéresse ici, c'est la psychologie des personnages, la tension qui s'installe au fur et à mesure, lentement mais sûrement. Le film prend son temps, se laisse raconter... Amen.
Dans cette histoire, la véritable horreur est sous-jacente. Elle se dissimule à travers les relations entre les personnages. Le malaise que l'on ressent pendant ces 1h40 vient principalement de la relation mère-fille. Cette dernière comprend bien que sa mère commence à aimer un peu trop les sauterelles mais reste impuissante. #nojudgement
Il faut le dire, il est surprenant d'avoir davantage peur de la mère de famille, qui perd de plus en plus pied tout au long du récit, que de la nuée de sauterelles (qui pourraient pourtant me manger toute crue étant donné mon mètre soixante). Car lorsque l'humain adopte un comportement anormal de son plein gré, en pleine "conscience", c'est là que naît la vraie horreur, celle qui prend aux tripes car on ne sait jamais jusqu'où cela peut aller, ni les proportions qui vont en découler.
Et chapeau d'avoir intégré les difficultés que rencontrent les agriculteurs pour subvenir à leurs besoins. Cela permet à la fois de renforcer le propos, d'ajouter une profondeur au récit, en l'ancrant dans une réalité sociale, crédible et difficile.