Tiens, un film de Dominik Moll. Qu'est-ce qu'il a pu devenir depuis Harry, un ami qui vous veut du bien ? Qu'à cela ne tienne, on va voir.
Ben en fin de compte je ne sais pas trop ce que j'ai vu.
Ah si, très clairement : Bastien Bouillon, qui est au coeur du film dans sa présence énigmatique, me rappelle incontestablement Laurent Lucas de par sa composition détachée, quasi silencieuse.
Je n'ai pas reculé devant le proverbial "inspiré de faits réels". Et la couleur est annoncée dès le début : voilà une affaire qui n'a jamais été résolue.
La scène d'assassinat est proprement effrayante de par la facilité avec laquelle on peut commettre un meurtre. C'est littéralement désespérant.
Là où j'ai commencé à me demander ce que je foutais là, c'est quand on nous introduit dans la brigade de flics qui vont prendre en charge l'enquête.
Je me suis cru devant un de ces feuilletons de France 2 dont on se demande comment nos parents font pour regarder ça.
La platitude des dialogues, les rôles convenus et qu'on connaît d'avance... et surtout, surtout, aïe, cette interprétation nulle où pas un mot ne sonne juste.
Du coup, Bastien Bouillon a bien raison de parler le moins possible, ça donne au personnage, Yohan, un caractère plus digne.
Une fois surmonté cette pénible première impression, ce n'est pas SI mal joué que ça d'un bout à l'autre du film. Il faut dire, ces personnages inconsistants disparaîtront rapidement.
Pour en revenir au "héros", Yohan n'a pas de vie privée, passa sa vie à la brigade, même la nuit, quand il ne la consacre pas à son sport favori : tourner sur l'anneau cycliste du vélodrome de Grenoble — métaphore un peu bas de plafond d'une enquête qui tourne en rond, — et en définitive finira hanté à vie par ce meurtre jamais élucidé.
Tout ça pour ça.
C'est bien sûr ce que je me suis finalement dit du film.
On peut en retenir la performance plutôt touchante, quoique convenue, de Bouli Lanners jouant Marceau, flic âgé et désabusé que sa femme vient de quitter.
Je suis d'ailleurs surpris qu'il ne boive pas. On voit les policiers boire un verre dans une deux occasions festives ou de détente, mais aucun alcoolique.
Pourtant, avec un métier pareil.
Marceau pour qui "les mots comptent", qui aurait dû faire prof de français, retenant de la carrière qu'il n'a pas choisie un poème de "Paul Verlaine" — personne ne dit "Paul", sauf en maternelle —, qui doit vaguement jouer comme métaphore du film :
"Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l'heure passé."
Une histoire de fantôme et d'absence, où le passé est un crime insoluble, ou une vie gâchée. D'avenir, il n'y en a guère, hormis une scène maladroite à la fin du film.
Bon, tout cela s'oubliera très vite.