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Je considère comme le plus haut point de l’œuvre de Dostoïevski celui d’exposer au lecteur un laboratoire dans lequel s’anime à l’aveugle des âmes dictées par leurs passions ; criant, pleurant, murmurant et mourant pour celle-ci. C’est qu’il y a dans Ordet cette impression romantique, celle qui nous expose à une tension intérieur perpétuelle, celle du doute et du désir.
Comme décor, un non-lieu, de ces endroits que l’on montre sans vraiment les révéler. On pourrait être tenté de croire à un bord de mer, au vu de la végétation et de la géographie sèche et houleuse, mais jamais la mer n’est montrée. On pourrait croire à une terre immense, sur laquelle s’étend de multiples bourgs, mais jamais la caméra nous fait directement traverser une dune. Non, c’est bien entre quatre murs que l’intrigue, le développement et la conclusion prendront place.
Quatre murs, abritant les âmes d’une même famille, disloquée par les convictions trop impétueuses du père, mais qui ne couvriront jamais le lien simplement humain qui rattache chacune de ces âmes. Les membres de cette famille gravitent autour de la figure du père, du penseur, du sage, que l’on pourrait honorer par sa posture solennelle, mais qui finalement, par une piétée excessive donnant que trop peu d’écho dans les faits, nous semble que trop peu crédible.
Au début de l’intrigue, c’est bien la figure du père qui nous apparaît comme centrale. Décideuse, franche, sincère, respectable, mais aussi trop dure, et trop insensible. Par sa position dans l’espace, la caméra tire des liens qui le lient à tous les autres personnages. Bientôt, ses liens se briseront, comme se brisent tout ce qui prend sa source dans une passion aveugle.
Au développement de l’histoire, c’est simplement la vie, comme expérience aléatoire des choses, qui s'ouvrira devant les personnages sans qu'aucun puisse y apporter une réponse, ni le médecin, ni même le pasteur,
en témoigne cet échange du père au pasteur devant la mort : "- Et nous autres monsieur le pasteur, nous non plus nous ne comprenons rien. - C'est bien vrai Borgen.".
Dans cette ambiance, la folie nous semble être salvatrice, en témoigne la psychose d’un des frères, ayant reniflés à s’en faire saigner les écrits de Kierkegaard, théologien mené à la folie par sa dévotion dans la foi. C’est ce frère auquel nous nous attacherons dans l’affront, la folie comme point d’ancrage, en témoignera la sympathie suscitée par la petite nièce pour son oncle.
Vers quoi pourrions-nous nous rattacher dans cette tempête ? La torpeur, l’insensibilité, ou bien, la science, la religion ? La réponse qu’apporte le film peut ne pas convaincre. Il n’empêche que cette réponse sera amenée à la suite d’une aventure dans laquelle chacun va être mis devant le constat de la mort, puis par le sentiment qui lui est associé, celui de l’amour.
Créée
le 22 déc. 2020
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