Un jeune violoniste parvient enfin à approcher son maitre grâce à l'intérêt qu'il a suscité chez la femme de celui-ci. C'est le début d'une intrigue sentimentale en trois actes et trois époques.
Le film de Delannoy vise le mélo à l'évidence mais il faut bien reconnaitre que les dialogues de Charles Spaak et le jeu sensible d'Edwige Feuillère, une certaine délicatesse dans la mise en scène, donnent au sujet et aux personnages une vraie valeur dramatique. La part d'ombre en question est celle qui caractérise le violoniste Kremer joué par Jean-Louis Barrault, musicien tourmenté et sans compromis relativement à son art.
Si la première partie du film est plutôt convaincante et intéressante, la suite, suivant le côté obscur, comme on dit plus volontiers aujourd'hui, de Kremer s'aventure dans une forme d'outrance romantique ou romanesque de l'artiste maudit -disons plutôt perturbé- qui ne me réconciliera pas avec les compositions exaltées, voire expressionnistes, de Jean-Louis Barrault au cinéma.