Neuvième des 14 opus de Sherlock Holmes tournés pendant la Seconde Guerre Mondiale, "The pearl of death" se situe dans la bonne moyenne de cette série de films très brefs (moins d'une heure chacun), avec Basil Rathbone dans les habits du célèbre détective.
Plus que jamais, son comparse Nigel Bruce, qui campe le docteur Watson, est donc surtout présent pour faire rire le public, quitte à se ridiculiser à l'occasion.
Le récit s'avère particulièrement rythmé, ne laissant pas une seconde de répit au spectateur entre les diverses péripéties, qui accompagnent le trajet contrarié de la fameuse perle des Borgia. Holmes témoigne de son art du déguisement (deux fois), les morts violentes se succèdent, et notre duo échappe de peu à un attentat.
Le trio de méchants bénéficie d'une bonne caractérisation, et on frissonnera en particulier lors de l'apparition finale du Creeper, joué par le "célèbre" colosse Rondo Hatton, ancien journaliste souffrant d'une maladie qui lui déforme le visage et les mains, et qui lui ouvrira les portes d'Hollywood - toujours dans des rôles de méchant effrayant.
Finalement, il ne manque qu'un seul ingrédient à cette aventure, hélas essentiel lorsqu'il est question de Sherlock Holmes : le mystère. Nulle atmosphère ténébreuse et énigmatique ne se dégage du film - où le méchant est identifié dès le départ - au bénéfice d'un humour suranné et d'un tempo effréné.
Autant dire que cette adaptation ne figure pas parmi mes préférées, mais "The pearl of death" se regarde sans déplaisir grâce aux qualités pré-citées, se permettant au passage d'égratigner le mythe d'un Holmes infaillible, puisque le détective provoque plusieurs bévues au cours de son enquête.