Intéressant de proposer, plus de cinquante ans plus tard, une nouvelle version de l'affaire Pauline Dubuisson, beaucoup plus proche de la réalité que ne l'était celle d'Henri-Georges Clouzot. Évidemment, impossible pour Philippe Faucon de ne serait-ce que s'approcher du brio du maître, mais il s'en sort avec les honneurs, que ce soit à travers une narration relativement claire, une reconstitution soignée et un fait divers traité avec la sobriété, le recul nécessaire, à l'image de l'interprétation discrète, sensible et tout en retenue de Lucie Lucas.
Les quelques choix narratifs forts se révèlent pertinents, notamment cette introduction nous permettant d'entrer élégamment dans le vif du sujet, même si l'ensemble manque de ferveur, d'émotion, ne parvenant que partiellement à nous faire ressentir le profond mal-être vécu par l'héroïne. Reste que la démarche d'offrir une « seconde vie » à la jeune femme a du sens, et il est difficile de ne pas être touché par le dénouement, particulièrement bien filmé. Pas de concurrence sérieuse au classique de 1960, donc (comment aurait-il pu en être autrement?), mais une louable tentative de réhabilitation d'un destin brisé : Pauline, où que tu sois, repose en paix.