Notes sur le film : La puissance de Tendres Passions (1983), premier film de James L. Brooks, venait de l’émotion aperçue dans la perte inconsolable et injuste, comme dans le temps qui passe inexorablement à travers le quotidien et parfois difficilement à cause de nos décisions, ce qui faisait un terreau de sentiments très communs et qui font irrémédiablement connexion avec l’audience.
Dans La Petite Star, on en est plutôt loin : un père égoïste et acteur un peu raté est obligé de prendre soin de sa fille après l’emprisonnement de son ex-femme. Ce dernier apprend donc, in fine, à s’oublier dans sa progéniture, qui prend la même direction que lui – l’acting. Certes, comme dans Tendres Passions, James L. Brooks ne s’éloigne pas d’une situation très commune – la parentalité et les responsabilités que cela implique -, mais en éloignant son film du pur mélodrame, le cinéaste souligne ses défauts de réalisateur, sans vraiment capitaliser sur ses qualités. L’anonymat visuel du film saute aux yeux, alors que la pauvreté financière du héros, moteur du récit, n’est jamais réellement perçue – son appartement est trop beau pour sa condition sociale supposée -, ce qui fait apparaître La Petite Star comme complètement hors-sol, et James L. Brooks comme un cinéaste s'arrangeant un peu trop avec la réalité.