Bonheur de retrouver Bruno Podalydès autant en forme avec un film qui lui ressemble tellement et dans lequel il met tout son cinéma. Film de rivière (Comme un avion mais en mieux), film de bateau vu comme lieu où s'exerce le pouvoir (comme Liberté-Oléron), film de copains (la même bande, dont son frère, depuis toujours, quel plaisir de les retrouver et de les voir décliner leurs personnages avec le temps avec en plus Daniel Auteuil qui s'intègre parfaitement et retrouve un jeu comique qui lui va si bien), et film à l'humour à la fois ravageur et mélancolique dont le sujet est, l'air de rien, l'amour fou et désespéré. Plus réussi que le précédent, La Petite Vadrouille renoue avec tout ce que Podalydès sait faire de mieux, à savoir associer un humour très bande dessinée (Denis P. lit d'ailleurs Bob Fish de Chaland au lit), rempli de gags allant jusqu'à l'absurde (la glaviole évidemment encore présente), jusqu'à une forme presque abstraite du gag (qui peut rappeler le cinéma de Luc Moullet (Parpaillon en tête)), mêlé à un sens de la comédie qui s'inspire des grands comiques américains, des Three Stooges aux Marx Brothers. Belle et douce réussite.