Se situant entre "Psychose" et "Halloween" dans les codes, Peter Collinson réalise avec ce film en 1971 les prémisses de ce qui deviendra un véritable phénomène dans les années 80 : le slasher. Mais ici, pas encore de body count, de tueur masqué ou de final girl ; nous suivons simplement une jeune baby-sitter qui se fait harceler par un psychopathe. Sorti avant, le film rappelle tout de même l'introduction de "Terreur sur la ligne" et bien-sûr, par extension, celle de "Scream". Bref, un petit thriller qui commence très bien donc avec tous les clichés du genre avant que qu'ils n'en deviennent, c'est-à-dire la jeune blonde qui se rend dans une maison isolée aux occupants un peu bizarres pour garder un enfant puis qui se fait rejoindre par son petit ami un peu insistant. En même temps, elle entend des bruits bizarres, voit des ombres par la fenêtre, bref, la totale. Et même si un spectateur adepte du genre aura déjà vu ces motifs des dizaines de fois, en remplaçant le film dans son contexte, ce n'est pas tellement dérangeant. Surtout que la mise en scène accompagne tous ces motifs. Quelque-fois subtile, comme le motif des barreaux qui revient assez souvent ou quelques-fois beaucoup plus grossière notamment avec ses zooms, ses cuts brutaux ou ces espèces d'enchainements de plans presque épileptiques. Ajoutons à cela une ambiance qui fonctionne plutôt bien grâce aux décors, notamment ceux de la maison. Et puis dans la seconde partie, ça se dégrade petit à petit. Déjà, la tension redescend dès qu'on voit le psychopathe et puis toute la dernière partie est particulièrement trainante. Ainsi, le rythme ne fonctionne plus ni l'ambiance ; on a du mal à rester concentrer sur cette histoire qui semble ne plus en finir. Malgré tout, "La Peur" reste un bon film de genre avec cette petite touche de nostalgie, surtout dans sa première partie donc !