La plus grande aventure, c'est bien excessif. N'exagérons pas. Cette piètre série B ne peut pas y prétendre, elle manque trop d'envergure. Surtout, la spécificité de Tarzan s'est estompée depuis que le héros de la jungle s'est familiarisé avec les mœurs et la langue des occidentaux.
Tarzan est devenu un héros commun et insipide, à ceci près qu'il arpente son territoire en culotte de peau. Super justicier de la jungle -encore qu'on n'entende son fameux braillement rassembleur qu'à la toute fin du film), il poursuit de sa rancune un groupe de bandits tout en débitant, pour la blonde qui l'accompagne, quelques sentences mi-écologistes, mi-philosophiques d'une rare vacuité. Ses affrontements sporadiques avec le méchant Anthony Quayle et le débutant Sean Connery sont particulièrement ternes.
John Guillermin peut toujours intercaler quelques images documentaires de la faune, glisser quelque mygale ou crocodile dans les pattes de Tarzan, rien ne nous convainc du caractère exotique de cette plus grande aventure autoproclamée.
Enfin, le plus agaçant, ce sont encore ces personnages stéréotypés, insignifiants à force d'être incohérents. Exemple entre tous : l'amoureuse de Tarzan, à peine échappée d'un accident d'avion et des mâchoires d'un crocodile, ne pense qu'à se refaire une beauté en faisant des sourires voraces à son sauveur...