Les sexdolls au cinéma, on a déjà eu l'occasion d'en voir quelques-unes, y compris en mode comédie. "Monique" avec Albert Dupontel, "Lars and the Real Girl" avec Ryan Gosling, et plus récemment "Companion" en mode comédie horrifique. Bref, Sophie Beaulieu arrive en terrain connu, avec toutefois une touche de fantastique. Ici, Audrey est une sexdoll qui prend mystérieusement vie, faisant flipper son "mari", un homme malheureux en amours.
L'idée n'est pas mauvaise. L'occasion de réveiller l'homme surpris. Et de secouer les carcans de la femme (littéralement) objet, qui va chercher ici à s'émanciper.
Le problème est que "Le Poupée" reste terriblement sage. Les possibilités étaient énormes, surtout en jouant la carte de l'absurde. Mais le film se contente de jouer sur les expressions ahuries de Vincent Macaigne. Ou le décalage de Zoé Marchal qui parle de manière populaire, loin de l'image que l'on se fait de la prostituée de luxe, et découvre les fonctions vitales de son corps.
Il y avait aussi matière à être bien corrosif sur les rapports hommes/femmes. Malheureusement on en restera à des remarques féministes plutôt primaires, sur le patriarcat ou le rapport au corps. 10 ans plus tôt pourquoi pas, aujourd'hui c'est arriver après une tripotée de films sur le sujet.
En fait, l'histoire de poupée passera presque au second plan. La romance entre Vincent Macaigne et sa collègue (pétillante Cécile de France) étant plus engageante et amusante. D'autant que l'environnement montagnard est esthétique, et leur entreprise incongrue (un fabricant de gazon synthétique).
Un film qui passe à côté de son potentiel.