(Avec mini spoils) Le début est une dénonciation classique de la colonisation puis ça devient un film de vengeance aux meurtres quasi à la Saw/Hostel et surtout La Purge version africaine, voire Massacre sans la tronçonneuse et enfin ça se termine en captivante course-poursuite à la Apocalypto.
Incroyable ce film que j'ai commencé au hasard seulement parce qu'il allait disparaitre du replay...je n'étais pas sur mes gardes surtout que je me suis vite pensé en territoire narratif hyper banal puisque ça commence par l'habituel colon blanc 'aux petits yeux cruels qui a embrigadé de gentils locaux pauvres pour leur en piller des richesses (ici, de l'ivoire).
Quand soudain, lors d'un bivouac entourés de leurs récolte d'ivoire et autre, ils se font attaquer et massacrer horriblement par une autre tribu locale.
Les rares survivants prisonniers seront le centre d'attention d'une fête au village des kidnappeurs: des enfants jouent et dansent; des villageoises torse nu sautent sur place et les hommes attendent la sanction du juge/chef obèse de village...Abraracourcix torse-nu. Le premier prisonnier est condamné à être assommé à coup de masse ronde (elle ressemble à une immense épingle: fine à bout très rond); le second prisonnier est condamné par le gros roi à être décapité à coup de machette, le troisième est donné aux femmes (j'ai pensé à un dildo humain)...on le reverra plus tard déguisé en pintade et elles joueront à le poursuivre et il finira comme Saint Sébastien victime de ces foldingues le poignardant toutes, au sol (cf. "La Pose de banderilles se déroule avec plusieurs toreros qui s'affairent autour du taureau avec des banderilles");
on retrouve un jeune prisonnier recroquevillé et attaché à un bâton horizontal, respirant par une paille en roseau et lentement mais surement recouvert de merde qui se révèle de la terre cuite pour le cuire dedans et le manger! Un plan que j'arrive pas à oublier. ("La cuisine en papillote constitue une méthode simple, légère et savoureuse pour cuire toutes les viandes (...) Le principe consiste à cuire les aliments dans leur propre vapeur après les avoir enfermés dans un emballage hermétique résistant à la chaleur."...).
Un autre prisonnier est comme aux Etats Unis condamné à mort par injection létale ("L'injection létale est une méthode de mise à mort qui consiste à injecter un ou plusieurs produits toxiques à une personne afin de la supprimer...")
sauf qu'ici, les bourreaux de la tribu attachent le condamné à mort au sol et le présente à un serpent vénimeux.
Le dernier prisonnier, le chef, est mis à nu comme à la fin de Cabaret...tout nu, il est lâché dans la nature pour une immense chasse à l'homme.
Le film devient et finit alors en épatant épisode de Chasse du comte Zaroff et du chef d'oeuvre Apocalypto.
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Autres détails:
- le film démontre que le colon n'est pas le seul violent et violeur mais que le local peut être mauvais or le générique de fin dit que le film a été postsynchronisé par un Robert Ménard ^^ (sans doute un homonyme) Et c'est une production THEODORA...
- avaient ils déjà peur d'être accusés "d'accaparation culturelle"(sic)? car le super générique de fin souligne et insiste fortement aussi: "tourné entièrement en Afrique" ainsi que: "la musique de ce film est de la musique africaine jouée par des africains avec des instruments africains"/"the music in this motion picture is african music played by africans on african instruments".
- le thème de la BO est chanté par les guerriers (conseillé par "Andrew Tracey")
- les supers dessins du générique sont d'un "Andrew T. Motjuoadi"
- le générique de fin a aussi tous les acteurs cités sur une photo de leur personnage (une image fixe, en pause du film): Horace Gilman (il joue le considéré comme traitre/harki car il veut cesser la chasse du blanc; puni par lance de son copain dans le dos); Fusi Zazayokwe (mordu par serpent; Zaza se fait sucer); Joe Dlamini (celui qui joue l'ami hésitant à sucer l'acteur jouant le mordu par serpent); Franklyn Mdhluli (le presque gagnant si ce n'était pour l'invention de la winchester...); Richard Mashiya; John Marcus; Eric Mcanyana (son personnage ose pleurer la mort d'un des leurs alors qu'ils ont massacré une tribu, des contrebandiers puis ont tué des faits prisonniers à coup de masse, à coup de machette ou de banderilles, pendant qu'un autre cuisait vivant, proche d'un autre prisonnier avalant des couleuvres, littéralement); Sandy Nkomo (celui parmi les chasseurs qui ressemblerait le plus à Spock); Morrison Gampu (il joue le gros poussah chef du village mais aussi Judge Dredd décidant des horribles punitions et peine de mort des prisonniers....pas de Convention de Genève pour ce sosie de Gérard Larcher); Ken Gampu (l'acteur plein de joie brandit en l'air un fusil, ressemble alors à Charlton Heston)
- l'acteur principal qui est le réalisateur (selon le générique mais pas le descriptif sur ma plateforme) a des airs de Victor Mature, Sylvester Stallone et ce que Vincent Dedienne sera quand vieux? (Cornel Wilde)
- SC me rappelle que j'ai aimé du même réalisateur Beach Red (1965) qui a donné des idées aux films de guerre de Spielberg et Mallick.
- Whiplash? ...il y a ici aussi à la toute fin, un échange de regards entre ...
entre le chef des poursuivants et le poursuivi...le poursuivi, fait un salut mou du bras (ressemblant au salut que fait notre homme sur le dessin de la capsule envoyée dans l'espace) au chef tortionnaire des chasseurs (qui fait une moue impressionnée et rendant hommage à sa proie qui leur a échappés et pour laquelle il a tué dans le dos un traitre!).
- lors de sa fuite, il tombe sur un village paisible qui se fait attaquer et piller par des arabes: je trouve ce film de pourtant 1965 bien courageux et juste de montrer et rappeler l'abomination aussi hyper violente de l'esclavagisme arabo-musulman (modèle et quantitativement pire?, que celui occidental, horrible aussi mais beaucoup plus discuté et montré dans films, livres et tableaux).
- ...un seul défaut me revient pour l'instant est la chute très mal simulée par l'acteur dans la dernière pente et lors le poursuivi chasse pour se nourrie, il court après proie en accéléré façon montage à la Benny Hill (il chasse une oie; ses poursuivant chassent une gazelle).
- la jolie compétition de chansons 'éthniques' entre le blanc et l'enfant noir m'a rappelé le bel échange culturel et communication aussi artistique et musicale avec l'enfant dans Delivrance (1972)
- et à la 34e minute, je vénère ce genre de plans en contre-jour/de figures à l'horizon
- et dans le générique, le lettrage du titre est en fait composé de corps de femmes quasi nues, comme la tête de mort sur l'affiche du
Silence des agneaux. - (bref, le film est aussi une sorte d'horrible 'ratonnade'(sic) version africaine, 10 ans plus tard, Boisset réalisera Dupont Lajoie).