Autant l'indiquer tout de suite: je n'ai pas lu la moindre ligne du bouquin de Cormac McCarthy. De ce fait, je ne vais aucunement m'évertuer à faire mumuse au jeu des 7 différences. Je vais donc me contenter de juger l'oeuvre cinématographique en tant que tel. Alors, comme prévu (vu que c'est John Hillcoat à la barre), j'ai tout simplement adoré.


C'est un peu à la mode en ce moment dans l'industrie du cinéma, mais The Road est un film post-apocalyptique éprouvant, doté d'une ambiance très noire et d'un regard pessimiste (pour ne pas dire réaliste) sur l'humanité.
La représentation, de ce monde décadent, est façonnée dans une certaine austérité. Le réalisateur livre une mise en scène sobre, mais de très bon aloi. La photographie argentée et les magnifiques cadrages panoramiques, mettent bien en valeur (si je puis dire) l'anéantissement de cette planète, ainsi que la solitude (pour les plans larges) que vivent les deux protagonistes principaux.


L'histoire fait état du parcours, d'un père et de son jeune fils, qui ont pour objectif de rejoindre le sud. Dans leur errance, ils tentent tant bien que mal de survivre, en cherchant la moindre trace de nourriture. Puisque, le cataclysme d'origine inconnu a ravagé, par d'énormes incendies, la flore mais a fait disparaitre aussi la faune.
Ca peut paraitre ennuyeux dit comme ça, d'autant plus que les séquences menaçantes, incluant les individus qui ont choisi par défaut le cannibalisme, sont peu nombreuses. Ils n'empêchent que ces dernières, appuyées par la musique de Nick Cave, sont efficaces et très flippantes.


Le principal intérêt du long métrage c'est la relation père/fils. Et heureusement elle est bien écrite. Je l'ai trouvée touchante, c'est montré avec suffisamment de distance (la tendresse se mêle à l'âpreté) qu'on évite d'avoir cette vilaine impression d'un ton emprunté et faussement dramatique.
D'ailleurs, la prestation formidable des acteurs aide beaucoup, ce n'est pas qu'un travail d'écriture et de mise en scène. L'ensemble du casting est impeccable, que ce soit les dans les rôles importants (Viggo Mortensen est impériale comme de coutume) ou bien dans les seconds rôles voire les caméos: Robert Duvall et Guy Pearce sont méconnaissables.


Puis le gamin a été particulièrement bien trouvé, non seulement pour son jeu, mais aussi pour sa ressemblance frappante avec sa mère (incarnée par Charlize Theron). Ils ont pratiquement le même regard, c'est fou.


Après j'ai quelques petits regrets concernant un parti pris du cinéaste: le fait de ne rien expliquer.
Dans l'absolu, j'ai rien contre ça, bien au contraire, cependant j'ai été un peu largué sur quelques scènes. Surtout dans celle où ils discutent avec le vieil homme au coin du feu. C'est tellement implicite que j'avais l'impression qu'ils causaient dans le vide, que ça n'avait pas de sens.


Hormis ce détail, c'est du tout bon. The Road confirme quelque part, tout le bien que je pense de John Hillcoat.

Jubileus
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le 25 août 2015

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