Notes sur le film (spoiler) : Film qui pointe la roublardise et l’inconséquence de la presse comme des médias en général, La Rue, œuvre particulièrement méconnue de Jerry Schatzberg, n’a pas la rudesse documentaire de Panique à Needle Park (1970), par exemple, mais peut compter sur un personnage de mac tour à tour charmeur puis effrayant et qui, par ce dernier aspect, répond rudement à l’encanaillement coupable d’une élite plutôt de gauche - ou « libérale » aux États-Unis. Cette dernière, incarnée principalement mais pas uniquement par le journaliste joué par Christopher Reeve, est ostensiblement fascinée par les criminels à la petite semaine, au point que le mac Fast Black, son bras droit et sa gagneuse Punchy soient invités à une petite sauterie élitiste, où l’assemblée les traite avec un mélange de fascination... et de condescendance. Mais le vrai visage du loup, invité dans la bergerie, se révèle dans toute sa monstruosité ensuite, en tant que sociopathe violent, physiquement comme psychologiquement. Et la solution trouvée par Christopher Reeve, pris à son propre piège, est une conclusion positive narrativement, mais une immense défaite morale pour une élite qui n’en paiera pas les conséquences - spoiler : Fast Black est tué grâce à une machination du journaliste. Car celle-ci a le beurre, l’argent du beurre… et le cul de la crémière – précisément Punchy, avec qui Christopher Reeve couche.