Il s'agit d'une comédie en noir et blanc inspirée de l'oeuvre du dessinateur Dubout et plus particulièrement de son livre La rue sans loi paru en 1944. On retrouve dans le film les personnages extravagants très typiques de Dubout. La première chose qui surprend c'est la ressemblance entre les personnages dessinés et leurs interprètes à l'écran. L'univers de Dubout est bien restitué : un monde farfelu avec des décors déstructurés qui rappellent un peu ceux de certains films expressionnistes. Le principal défaut du film est un scénario qui manque de fil directeur. C'est plus une succession de scénettes burlesques. Le tout donne une ambiance anarchique, chaotique, sens dessus dessous. L'histoire se déroule dans une rue dans laquelle Sparadra le bandit au cœur tendre fait régner sa loi. Il rêve de percer le coffre de la comtesse ... Celle-ci est amoureuse d'Hippolyte, le professeur de musique à la très longue barbe. C'est Louis de Funes qui interprète Hippolyte ... Il y est très à l'aise, en phase avec l'ambiance générale du film. La galerie de personnages est importante avec notamment la volumineuse Germaine surnommée Fifille qui a elle seule vaut le coup d’œil ! Les passages du film mettant en scène la voiture école sont également assez saisissants, totalement burlesques. Ce film est une oeuvre pleine de non sens, complètement clownesque. La scène de l’haltérophile est simpliste mais elle est très visuelle et représentative de l'esprit du film. L'interprétation est évidemment très théâtrale. Les personnages sont très caricaturaux à l'image des policiers qui n'interviennent jamais car ils ne se rendent compte de rien même lorsque cela se passe devant eux. Mention spéciale pour l'affiche signée Dubout bien entendu.