Remake par Anthony Mann des aventures de Yancey Cravat (http://www.senscritique.com/film/La_Ruee_vers_l_Ouest/critique/5615499 ), trente ans après. Question d'époque, à la fraîcheur teintée d'amateurisme du début du parlant succède l'académisme pompeux des années 60.
Si la première demi-heure réussit à garder à peu près l'esprit du premier opus (certains gags sont repris, comme le vélo préhistorique pendant la ruée sur l'Oklahoma), les deux heures qui suivent ne sont qu'un lent et douloureux naufrage.
Pire l'histoire se concentre sur le personnage ignoble (tout ce qui est détestable chez une femme) de l'épouse du héros, incarnée par la teutonesque Maria Schell. Franchement, Sissi en plein Far West, moi ça me coupe toute érection westernienne.
En plus, Mann avait sous le coude Anne Baxter, en demi-mondaine agréable, mais non on la voit quinze minutes en tout et pour tout. Alors que l'Autrichienne (chez nous, on les guillotine, dois-je le rappeler ?) a le droit à un quasi solo pendant la dernière demi-heure (qui vire au supplice donc).
Glenn Ford est un peu à la peine physiquement, et sa coupe de moinillon n'aide pas à apporter un peu de légèreté.
Le côté fresque qui raconte l'épopée de la conquête de l'Ouest est toujours bon à prendre pour un fan de western, soyons honnête. Et encore une fois, la fonction psychanalytique du western pour l'Amérique est ici flagrante.
Précisons que ma note est forcément liée à ma vision il y a trois jours de la Ruée vers l'Ouest version 1931, donc probablement un peu sévère.
PS : Selon Wikipédia, Anthony Mann a été assisté par Charles Waters, plus habitué des comédies musicales. Je le vois bien s'occuper des scènes avec Maria Schell tiens.