Son nom ne vous dit rien et pourtant elle a travaillé avec les plus grands. Alfred Hitchcock, Jacques Tati, Stanley Donen, Costa-Gavras, Roman Polanski, Alain Resnais, Louis Malle, Laurel & Hardy (et même Jean-Marie Poiré).
Sylvette Baudrot a occupé un des nombreux métiers de l’ombre sur un plateau de tournage, pendant 70 ans et sur près de 90 films, elle aura été scripte. Un métier méconnu du grand public et pourtant essentiel. Scripte, c’est s’assurer du bon déroulement du tournage et des particularités de chaque séquence filmée. Armée de son chronomètre et d’un stylo, elle veille au moindre détail et ce, afin que les raccords ne soient pas perceptibles aux yeux du grand public (les séquences sont bien souvent filmées dans le désordre et assemblées par la suite au montage). Le métier de scripte était d’autant plus très important lorsque les films étaient tournés en 35mm car lorsque les bobines partaient au labo le soir-même, les rushs n’étaient bien souvent disponibles que 24h plus tard (à notre époque, le métier à bien changé, on peut désormais voir et revoir les rushs à l’instant T sur le combo du réalisateur).
« Le mardi, comme y a pas de Cinémathèque, je prends un bain complet. »
(elle se lave les cheveux qu'une fois par semaine, le mardi, date où la Cinémathèque Française est fermée, en consultant son agenda où elle note précieusement toutes les séances qu’elle va voir)
A travers ce documentaire de 60min, le réalisateur nous emmène à la rencontre de cette femme qui a traversée les époques et les différents âge d’or du cinéma : La main au collet (1955), Hiroshima mon amour (1959), Zazie dans le métro (1960), Playtime (1967), Le père Noël est une ordure ! (1982), Frantic (1988), Léon (1994) ou encore J'accuse (2019).
« J’ai été une très mauvaise mère, le cinéma passait toujours en premier. »
Aujourd’hui, à l’aube de ses 98 printemps (elle en avait 96 lors du tournage), Sylvette Baudrot tente de revenir sur sa carrière aussi riche que passionnante, en recollant les morceaux de sa mémoire qui vacille. Avec son chronomètre, elle continue de minuter les scénarios qu’on lui confie afin d’en évaluer la durée de chacun des films. Elle semble infatigable, hormis sa mémoire qui flanche.
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