On le confesse d’emblée : si nous avions jugé « The guest room » sur sa première demi-heure, on se serait terriblement trompés. Le cadre posé, les protagonistes rencontrés, on s’étonnait de voir tant d’éléments, grossièrement amenés, révéler la suite d’une intrigue faussement secrète et totalement téléphonée… Stefano Lodovichi nous prendrait-il à ce point pour des amateurs pour penser une seule seconde que nous n’avions pas compris ce qui était en train de se tramer ? Et pourtant… le nœud coulant de son histoire se dénouant peu à peu, on comprend combien on avait sous-estimé ses enjeux alors qu’une paresse scénaristique nous sautait jusque-là aux yeux.
« The guest room » est assurément la plus belle surprise que l’on ait déballé ces derniers temps tant le film gagne en densité, en profondeur, en intelligence dans son dernier tiers et finit par marquer ses spectateurs courageux. Car si la théorie exposée est somme toute (beaucoup trop) évidente, le tour de manivelle qui lèvera le dernier rempart à son final fait grincer nos dents et jouent sans concession avec nos émotions: brillant !
Huis-clos éprouvant pour Stella, Sandro et Giulio (brillants Camilla Filippi, Guido Caprino et Edoardo Pesce), « The guest room » négocie intelligemment son tournant et parvient à nous émouvoir au terme d’une grosse heure de sentiments contradictoires, de rires nerveux, de petits stress et de twists plutôt ambitieux. Faussement naïf, « La stranza » (en version originale) mérite donc que l’on s’y intéresse jusqu’au bout, pour son atmosphère prégnante et dérangeante, sa photographie exemplaire et le développement psychologique intelligent de personnages plutôt complexes ! Vous ne l’aviez pas vu venir ? Nous non plus et c’est d’autant meilleur quand on se fait berner d’une telle façon.
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