Pendant qu'un Jules Berry surexcité, propriétaire de la taverne du Poisson Couronné, s'emploie à courtiser, sous les yeux de sa femme, la vedette de sa revue, Michel Simon et son second Raymond Bussière sont sur leur navire en mer, en pleine tempête, séquence que le réalisateur René Chanas croit peut-être homérique mais qui n'est qu'interminable et vaine.
On n'attend plus que les deux récits se rejoignent. C'est chose faite quand les protagonistes investissent le beuglant pour marins de Berry, forcément très à l'aise en type infect et dont l'unique singularité est de jouer le gendre de Michel Simon.
Chanas met en scène son propre scénario, auquel la diversité et l'éclectisme des personnages, associés à l'absence de localisation précise du port, donnent une dimension un peu étrange, voire artificielle. Le réalisateur présente des personnages volontiers fantaisistes tout en construisant une intrigue qui semble lorgner vers le drame populiste d'avant-guerre. La présence de Jules Berry sans doute. Et puis, son personnage s'est fait tellement d'ennemis qu'on ne doute pas de la fatalité qui le guette.
Et finalement, avec des dialogues de qualité, des personnages sobres, parfois inattendus, le film n'est pas si mal.