Première fois qu'un film de Vincente Minnelli me convainc aussi peu, et au-delà de ça le premier à me laisser un goût aussi amer d'échec à asseoir son propos. Si on veut être méchant (et biaisé et partial), on peut dire que "The Cobweb" noue ses enjeux autour de rideaux... Formulé de la sorte, il y aurait eu de quoi avancer dans l'environnement de cette clinique psychiatrique avec beaucoup plus de prudence. C'est la vérité, mais c'est évidemment une observation très partielle qui ne recouvre pas l'ensemble des thèmes : un gros bordel au sein duquel les patients et le personnels souffrent tous de maux intenses, simplement pas du même ordre.
J'ai très peu accroché au défilé de personnages-clichés que Minnelli nous impose : Richard Widmark le directeur bienveillant de la clinique, en crise maritale, tenté par une relation extra-conjuguale ; Lauren Bacall l'assistante dévouée et désirable ; Charles Boyer le docteur séducteur et psychorigide ; Gloria Grahame la femme délaissée ; Lillian Gish la gestionnaire pingre ; John Kerr l'artiste tourmenté... La liste est aussi longue que le casting. Très peu de justesse dans la dynamique narrative et psychologique de ce microcosme, même si le film est loin d'être inintéressant globalement dans son observation des tourments. Mais ça reste un drame vieillot en milieu psychiatrique qui structure ses péripéties majeures autour d'un changement de rideaux — les avis divergent quant aux tissus à utiliser, et ils revêtiront régulièrement une dimension symbolique un peu lourdingue. Pour tracer son discours (entre autres) sur l'inadaptation de l'artiste au monde, Minnelli cherche à catalyser des enjeux conséquents autour d'un événement anodin en apparence. En vain, ou du moins dans un style très ampoulé.