3 femmes, 3 familles, 3 nationalités et 3 destins ; voici comment on peut résumer ce film grandiose.
Cette adaptation nous berce aux côtés de trois familles que l'on découvre suivant l'ordre croissant des richesses mais suivant l'ordre décroissant de la moralité.
On suit tout d'abord Smita et Lalita vivant dans l'extrême pauvreté et subissant un niveau de discrimination élevé. Le lien "facile" mais vrai entre population opprimé et pauvreté et directement montré. Smita (ayant écouté tous les conservateurs "bienveillant" avec leurs amis les pauvres "Si on veut, on peut" comme ils aiment dire) souhaite que sa fille aille à l'école pour s'élever socialement. Malheureusement la vie n'est pas aussi simple que ça et le film aime nous montrer qu'être pauvre est une longue marche semé d'embuche même quand on se donne les moyens de vouloir en "sortir" (comme si c'était leurs fautes).
Ensuite, on suit une femme italienne, fille d'un artisan de perruque détenant le savoir faire depuis 3 ou 4 générations. Le niveau de vie est bien entendu plus élevé mais la famille ne croule pas sous la fortune. Giulià reprendra la suite de son père (étant donné qu'il a 3 ou 4 filles).
Enfin, nous voilà au Canada avec Sarah, femme aisée grâce à son métier d'avocat où elle travaille sans relâche.
Le destin de ces femmes est lié. Dès le début on est forcé d'admirer la beauté des cheveux de Smita et Lalita puis les caméras nous embarquent sur la décoloration qui peut nous emmener à une piste qui s'arrête à la frontière canadienne. Cela m'a donc fait abandonner cette piste qui s'avérera bonne plus loin dans le film. Ces femmes sont toutes indépendantes, fortes et touchantes.
La religion est au cœur du panorama. Elle s'efface en même temps que la pauvreté. Le lien religion/pauvreté est encore une fois à l'image. Pendant que Smita et Lalita prient tout au long de la journée afin d'apporter de chance dans leurs vie, Giulià le fait pour faire plaisir à sa famille tandis que la religion est totalement effacée au quotidien de Sarah.
Au niveau de la souffrance, elle semble égale peut importe le contexte social. Cette souffrance est d'abord caractérisée par le travail effectué par Smita puis morale et psychologique subit par Smita et Lalita en tant que minorité ethnique, ensuite physique subit par Smita lorsqu'un homme la frappe et l'étrangle, lorsque la mère de Giuliù la frappe, Sarah lorsqu'elle à son cancer, enfin le deuil lorsque Giulà perd son papa, que Lalita voit qu'elle abandonne son papa et Sarah lorsqu'elle est forcée à abandonner sa carrière.