La Tunique
6.1
La Tunique

Film de Henry Koster (1953)

Peplum sur les fondements de la chrétienté du 1er siècle vus avec l'imagerie populaire du XXème

C’est une belle reconstitution à partir de l’imagerie populaire d'aujourd'hui des fondements de la chrétienté, avec ses naïvetés et avec, quand il est sincère, le charme simplificateur de l’engagement chrétien pour l’Amour.

Premier film en CinémaScope présenté au public mondial par Hollywood, il est fidèle aux croyances séculaires qui mélangent l’histoire et la légende.

La dramatisation de l'Histoire utilise la romance et la tragédie qui auraient été vécues par un soldat romain (joué par le jeune et alors vraiment très beau Richard Burton), et une protégée de Tibère (jouée par Jean Simmons) : tous deux seront à la fin de leur histoire édifiante les premiers martyrs de l'empereur fou Caligula. 

Entretemps, le noble centurion aura participé à la crucifixion de Jesus. Celle-ci n'est pas le sujet du péplum qui passe vite à la suite.

On a alors droit à un plan de dix secondes qui témoigne de la merveilleuse ironie lapidaire des raccourcis de cinema.

La crucifixion, il est connu qu'elle fut réalisée sur l'ordre de Ponce Pilate (joué par Richard Boone) qui a ensuite une très courte scène où il demande à se laver les mains. On entend alors son domestique s’étonner avec cette réplique : "Mais tu l’a déjà fait !".

La crucifixion une fois décidée, la compulsion du consul romain à aller se laver les mains est avortée dans cette séquence à cause de l'ironie de son larbin. Celui-ci fait comme si ce geste était la répétition anticipée de la métaphore historique reprochée plus tard à Pilate.

On souligne ici soit le retour de l’inconscient de Pilate (qui se serait dédouané de la mort de Jesus en disant cela d'après les chroniques plus ou moins apocryphes de l'époque) soit au contraire, grâce à ce serviteur démiurge, la prémonition que ce geste sera commenté pendant des millénaires comme un hypocrite "cela ne me concerne pas".

On peut supposer que Philip Dunne et Albert Maltz (un des "dix d'Hollywood") qui ont participé au scénario se sont bien amusés avec cette séquence à double ou triple sens.

Entre sa fidélité romaine du début et sa fin en martyr de la fin, le centurion se sera converti sous l’influence de son esclave grec Demetrius joué par un Victor Mature aux allures de colosse, puis il aura suivi Simon le pêcheur (joué par Michael Rennie) dans son prédicat sur tout le pourtour de la Méditerranée.

Bon, dans la vraie histoire, cette tournée fut plutôt celle de Saul - renommé Paul par la chrétienté - et non celle de l'apôtre Simon - renommé Pierre, lequel était plutôt casanier et beaucoup moins prosélyte.

(Notule de 2020 publiée en aout 2025).

Remarque du jour :

En 1960, Henry Koster tournera un autre beau péplum l’ Histoire de Ruth.

Michael-Faure
7
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le 1 août 2025

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