Cédric Klapisch a le talent du rythme et des lumières. Il sait capter le secret des époques, comme un travelling avant qui traverse les saisons et le temps qui passe, dans un souvenir jamais figé, qui circule, fluide, vers la venue de l’avenir, pour des générations qui se croisent. Une mémoire qui renaît.
Quand un jour, sans un bruit, dans le murmure de cette vieille maison de Normandie, Adèle (Suzanne Lindon), sous le haut de ses vingt ans, décide de partir, quitter sa campagne, pour les premiers frissons d’un Paris incandescent, y découvrir son histoire personnelle.
Un Paris d’hier et d’aujourd’hui. Une ville que Cédric Klapisch aime à raconter. Toujours vivante, souvent fragile, changeante, semblable à un être cher qu’on ne cesse de redécouvrir.
Alors débute un double voyage, entre portraits jaunis et lettres aux promesses endormis, dans cette vieille maison abandonnée en Normandie, dont une trentaine de membres d’une même famille apprennent qu’ils en héritent.
Pendant que s’ouvrent, en contrechamp, les premiers pas d’Adèle, pour le Paris du XIXᵉ siècle, à la croisée de l’impressionnisme et de la photographie.
Soudain le présent nous revient, s’éveille, respire, avec la rencontre de ces quatre cousins, en quête de souffle ancien : Seb (Abraham Wapler), Abdel (Zinedine Soualem), Céline (Julia Piaton) et Guy (Vincent Macaigne), chargés chacun de faire l’inventaire de cette maison.
À cet instant précis, le film nous émerveille, les yeux tournés vers un cinéma qui fait danser les ages, les ambiances, par cette touche de couleur. Sa révolution d’un art qui ose, qui évolue d’un monde à l’autre, avec ses écrans, ses traces digitales. Ce même désir de relier, de transmettre.
Dans le vertige du trait d’un dessin qui se pose un instant avant de disparaître pour d’autres rêves de peintures, de photos.
Un tourbillon d’amour, d’émotion, de rire et de tristesse. Un pont délicat, entre ces pavés luisants sous les calèches et ces trains à grande vitesse.
Toutes ces fenêtres d'autrefois et de demain, qui leur ouvrent le cœur et les conduisent à se découvrir eux-mêmes.
Avec une Cécile de France, en Calixte de La Ferrière éblouissante, lorsque dans un trip-hop chamanique, chacun règle ses comptes avec son autre. Dans ce rêve hypnotique, où tout devient possible. Un musée vivant, fait de tableaux uniques, d’artistes qu’ils touchent du regard, dans un délire comique.
Pour enfin se réveiller ensemble, après avoir su tisser un fil éternel, à l’image d’un chef-d’œuvre que l’on contemple et qui nous ramène à l’essentiel, au beau.
Une histoire de rencontres, de tableaux, de photos, qui rapproche, reconstruit.
Créant des liens familiaux, amoureux, d’une lumière si belle de l’impressionnisme, venue donner du relief à leurs vies.