Merveille de réalisation, qui réfléchit toujours à la composition de ses cadres, et à la pertinence de sa mise en scène. Ça fourmille d'idées, et cette formidable palette de couleurs vient quelque peu rafraîchir nos mirettes, bien trop habituées à des colométries tristes comme la pluie.
Quel dommage que toute cette orfèvrerie soit mise au service d'un récit aussi pauvre, confus et faussement complexe. Le montage est loin d'être inintéressant, mais il y a un vrai problème d'écriture au sein de ce projet. À commencer par cette gestion du tempo comique très embarrassante, avec des gags qui ne tombent jamais au bon moment (ni au bon endroit, d'ailleurs).
On veut toujours tout désamorcer, sauf que 1) ça supprime tout le poids des enjeux, potentiellement immenses sur une telle thématique de deuil, et 2) bah... c'est pratiquement jamais drôle quoi. Résultat, l'œuvre s'étire à outrance, jusqu'à une relecture finale Shakespearienne pas franchement nécessaire.
Très mitigé aussi sur les interprétations, avec certains rôles inégaux et pas toujours dans la bonne époque (Anaïs Demoustier), voire carrément catastrophiques (Gustave Kervern). Et de l'autre côté, des terreurs de charme et de charisme, comme Pio Marmaï, ou bien sûr, la fantastique Vimala Pons.
Ça reste un petit objet qui se picore avec plaisir, bien sauvé par sa maîtrise formelle et sa richesse créative. Puis on encouragera toujours ce type de propositions originales, qui osent faire face à la soupe tiédasse de comédies habituelles.
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