Un tour de force, de la magie à l’état pur, bref un film de haut volt. L’intrigue s’ouvre sur une fête foraine, bal de couleurs, truculence des mots, bonimenteurs en tout genre et alchimie du verbe. On vend du rêve, de l’extra-ordinaire. C’est le croisement de deux mondes, du simple au fantasmé, qui nous est dévoilé. Toute la tension dans ces lèvres qui racontent, et dans ce pinceau qui reproduit. La muse à bout de souffle et le peintre en déroute, en dialogue, dans la transe d’une histoire fantasmée qui redonne des couleurs à leur nuit respective. L’artiste retrouve ses yeux à travers un regard obturé mais qui s’anime petit à petit au feu de la passion. La palette devient à nouveau comme la Vénus, électrique et brille d’intensité. Le baiser de Judas sera donc salvateur.