9
le 20 oct. 2017
SuivreJe suis femme
Premièrement, le film est inspiré d’une affaire retentissante des années 1950 : celle de Pauline Dubuisson. Mais cette fois ci, Pauline est remplacée par un personnage fictif : celui de Dominique,...
Jurez-vous de dire la vérité, et rien que la vérité?
Ils ont beau jurer, il n'en sera rien.
Parce qu'elle est pas belle, la vérité, ou qu'on n'y est pas à son avantage.
Ou bien parce qu'on n'en sait rien, mais que l'on croit savoir. La Vérité, cela n'existe pas.
Sauf pour le spectateur. Il est omniscient le spectateur. Il sait bien, lui, que Brigitte Bardot la dit, la Vérité, aussi incroyable soit-elle pour ceux qui l'entendent. Mais elle n'a aucune chance, la pauvre. Parce que c'est une fille qui se conduit mal, vous comprenez? On ne peut pas faire confiance à cette espèce là. Ce serait un garçon, encore, on le mépriserait un peu, au fond on l'envierait même, qui sait, mais on pourrait encore lui accorder notre confiance, il faut bien que jeunesse se passe.
Mais une fille?
Et puis son amoureux, celui qu'elle a tué, c'est pour ça qu'elle est au tribunal, c'était un jeune chef d'orchestre prometteur. Un bosseur, lui. Avec des idéaux, lui. Pas comme la délurée qui l'a piqué à sa soeur plus studieuse.
Lui, c'est Sami Frey, tout en dégueulasserie, et le pire c'est qu'il est sans doute de bonne foi, il ne voit pas le problème dans sa conduite. Parce qu'une fille facile, ça se prend, ça se jette, ça ne se garde pas.
Et puis il y a les avocats : Paul Meurisse vindicatif, c'est son rôle qui veut ça, et Charles Vanel compatissant, c'est aussi son rôle, en fait ils sont comme tout le monde, sauf quand ils se mettent en scène. Charles Vanel parvient d'ailleurs à émouvoir alors qu'on sait que son attitude est surtout de commande.
Mais celui qui emporte immédiatement l'adhésion, c'est un formidable Louis Seigner, en président de la séance. Le mépris qu'il professe pour Bardot est si vrai que les scènes en question sont d'un rare naturel.
C'est d'ailleurs un grand atout du film, de refuser d'être trop théâtral quand il le pourrait. Seuls les avocats le sont, c'est leur métier qui veut ça. Et bien sûr, un tribunal, c'est un peu comme une pièce de théâtre, sauf qu'à la fin de la représentation, les acteurs ne reprennent pas leur vie comme avant. Mais enfin, c'est un film qui fait vrai. Sans chercher le jeu de mot. On croit aux personnages. On les a déjà croisés, parfois, en tout cas certains qui leur ressemblent étrangement. Et puis la descente aux enfers d'une jeune fille plus naïve que sa vie ne l'aurait laissé imaginer... Oui, ça on le croit volontiers. En attendant qu'elles trouvent leurs places dans l'enfer religieux dont on les menace, on n'a pas trop de scrupule à faire de leur vie un enfer. Elles l'ont choisie, leur vie, n'est-ce pas?
Brigitte Bardot, enfance terne dans une famille qui n'en a que pour sa talentueuse soeur, itinéraire tout tracé, professant une liberté qu'elle aimerait éprouver réellement, ne peut être considéré par la bienpensance que comme une fille dépravée. Elle n'a absolument aucune chance, la société est bien faite, certaines cloisons sont d'une étanchéité à toute épreuve. Alors quand elle se plaint, et encore du bout des lèvres, parce qu'elle l'aime, de celui qu'elle a tué, qui la croira? Oh, bien sûr, il y en a pour la défendre, mais voyez comme ce sont des individus louches, peu recommandables ou impudents.
Surtout que chacun, en son for intérieur, connaît bien la Vérité.
Etrange alors qu'elle soit parfois si différente d'un individu à l'autre.
Mais la Vérité, je la détiens, je vais vous la dire : c'est que indéniablement La Vérité est un grand film.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films de 1960 et 2026 en films
Créée
le 4 août 2026
Critique lue 21 fois
9
le 20 oct. 2017
SuivrePremièrement, le film est inspiré d’une affaire retentissante des années 1950 : celle de Pauline Dubuisson. Mais cette fois ci, Pauline est remplacée par un personnage fictif : celui de Dominique,...
1
le 10 janv. 2020
SuivreAutant le dire tout de suite : cette critique ne porte pas sur le film de Clouzot, en tant qu'objet cinématographique. Tout simplement parce qu'il m'est impossible de le considérer en tant que...
9
le 9 oct. 2018
Suivre1960, République française. Mais ça pourrait aussi bien être la France de Pétain, comme celle vue dans "le Corbeau". Un pays de rats, de vieillards haineux, médiocres, déterminés à tuer dans l'œuf...
10
le 29 mai 2026
SuivreJe l'avais vu trop tôt, c'est certain, et donc je n'avais pas vu l'intérêt d'un truc pareil. Dans ma mémoire la scène centrale avait fini par prendre toute la place, c'est dire le souvenir que j'en...
9
le 1 août 2026
SuivreLe Capitaine Fracasse a tout de l'exercice de style. Nous y entrons par le biais de descriptions de plusieurs pages, et donc d'une intrigue qui prend son temps, avant de se ramasser lorsque nos...
10
le 31 déc. 2025
SuivreJ'avais déjà vu Ben-Hur deux fois, mais cela remonte à l'adolescence. J'avais en mémoire un bon peplum. Aujourd'hui, je revois un film complètement différent. Un chef-d'oeuvre. Pas forcément pour son...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème