Leonardo Medel est l'auteur du premier film virtuel chilien, en 2016. Un univers dont il n'est pas si loin dans La Verónica puisque ce long-métrage s'attache à une femme de footballeur dont le seul intérêt semble être d'augmenter son nombre de followers sur les réseaux sociaux. Pic et pic et Instagram, la belle est pourtant mère mais dans sa somptueuse demeure ses préoccupations ne sont guère tournées vers sa progéniture. A sujet on ne peut plus contemporain, Leonardo Medel attache un dispositif très particulier où le visage de son héroïne est sans cesse au centre de l'écran, au fil de 53 plans-séquences exactement. Le film est aussi fascinant qu'irritant, à l'image de son personnage principal, volontairement stupide et égocentrique. Cette comédie noire et satirique va très loin dans la démonstration mais cette audace paie et presque tout est crédible ou tout du moins envisageable dans un tel cas de perte de contact avec la réalité. Omniprésente à l'écran, Mariana Di Girolamo est époustouflante, au moins autant que dans Ema de Pablo Larrain.