L'opérette La Veuve joyeuse avait déjà été adaptée, et le sera encore, avant que le cinéaste visionnaire mais maudit Erich Von Stroheim s'y attaque. Il donne une version complètement exacerbée et caractéristique de son style à cette Veuve joyeuse, on retrouve toutes les obsessions et thématiques chères au réalisateur à travers cette histoire d'amour se déroulant dans un royaume fictif d'Europe à une époque vaguement XIXème siècle. Les thèmes obsessionnels que nous retrouvons sont la difformité physique et spirituelle des personnages, l'érotisme léger, l'avidité ainsi que la démonstration dans un style naïf de la décadence fin de race des aristocrates et officiers de cette vieille Europe. Stylistiquement le film est fantaisiste, des décors visiblement factices de studio amènent un côté irréel à l'ensemble, les riches boiseries, l'architecture, les costumes fastueux pareillement et tout cela avec un sens de la symétrie rare, de la profondeur de champ dans certaines scènes. Bien évidemment ce film a pris de l'âge, il ne faut pas oublié qu'il a presque un siècle et que la provocation de l'époque n'est plus aussi vivace de nos jours.