Un magnifique documentaire, ponctué de beaucoup d'humour malgré le sujet sérieux, avec une belle narration du réalisateur-acteur Namir Abdel Messeeh, devant et derrière la caméra pour découvrir qui était vraiment sa maman, récemment emportée par la maladie. N'allez pas vous imaginer que le film est un enterrement tristounet, un hommage larmoyant d'un enfant à sa mère, au contraire on donne la parole directement à l'intéressée du temps de son vivant (qui raconte donc sa vie, sa rencontre avec son mari, son amour inconditionnel pour ses enfants, en n'oubliant pas le regard très lucide qu'elle porte sur la suite des événements), on questionne le mari qui nous rapporte sa "filouterie" pour la bécoter lors de leur premier rendez-vous galant (ils sont montés en haut d'une tour, et comme la descente par les escaliers n'était pas éclairée, Monsieur a constamment prétendu chercher son chemin, avec les mains, se ramassant celle de Madame, puis de moins en moins... Jusqu'à ce qu'en bas, ça se bécote tendrement. On a fondu), puis la sœur qui vient pour nous déniaiser complètement quant au récit du mari ("Oui, oh, elle l'a épousé car elle n'a pas pu avoir celui qu'elle voulait... Ton père l'ignore, ne va pas lui dire, hein !", la sœur nous a fait exploser de rire). Il y a étonnamment plein de vie dans ce film sur le deuil, beaucoup de rire là où l'on s'attendait à pleurer (même si l'on verse sa petite larme, à un moment), une véritable célébration de la maman à son image, rayonnante et piquante (attention les punchlines). Un très beau moment d'introspection sur le deuil, sur ce que l'on veut laisser après nous, sur le cinéma comme témoin de notre passage, comme transmission aux jeunes générations (le narrateur implique ses jeunes enfants, quand ils sont assez grands pour comprendre), et un voyage auprès d'une famille aux membres cocasses et adorables. Mention au binôme mari/sœur, le décalage entre les témoignages est hilarant, entre celui qui est persuadé d'avoir toujours été un fier étalon pour sa femme, et l'autre qui nous avoue qu'il était plutôt le poney de manège abordable. N'allez pas lui dire, hein.