Fallait pas changer de coupe, Davis... Au moins, Flynn est Essex, lui.
Film étrange, un peu bancal et relativement touchant au final, La Vie Privée d'Elisabeth d'Angleterre se regarde avec un plaisir certain grâce au savoir-faire de Michael Curtiz.
L'histoire d'amour contrariée ente la reine et d'Essex, au milieu des guerres et des complots politiques souffre néanmoins d'un casting disparate.
Face à une Bette Davis au crâne rasée qui se regarde jouer pendant tout le film (très bien, d'ailleurs), Errol Flynn apporte une touche de légèreté parfois incongrue même si toujours rafraîchissante. Bette, qui méprisait son jeu, aurait préféré donner la réplique à Lawrence Olivier, et ne fait rien pour améliorer les choses. Alors, on ne peut pas dire que le courant passe au mieux entre les deux. Entre la gifle donnée à toute volée en vrai par Bette Davis ou une Olivia de Havilland qui, dans le rôle de Penelope Gray, fait tapisserie, on se demande comment quelqu'un a pu penser un jour à un couple aussi improbable...
Pourtant, le résultat n'est pas déplaisant, Errol y met du charme et de la bonne volonté, même s'il a l'air d'être le seul, et, franchement, un Lawrence Olivier aurait enfoncé assez rapidement le film dans un ragout théâtral un peu désuet...
Derrière un maquillage atroce, le crâne et les sourcils à moitié rasés, Bette Davis arrive tout de même à faire partager toute l'étendue de son rôle tragique et parvient à le rendre véritablement émouvant. Aussi passe-t-on assez facilement sur les légères petites limites du film.
A noter qu'il ne me reste plus qu'un seul Errol Flynn/Olivia de Havilland à voir et que, déjà, je me sens un peu comme orphelin...