8
le 12 déc. 2017
SuivreLe Monde Perdu
J'ai lâché Guédiguian voilà près de 20 ans, avec le sentiment - sans doute injuste - que ses chroniques enchantées sur la classe ouvrière et sur Marseille, qui m'avaient été si chères, n'avaient plus...
En tant que moi-même Marseillais d'origine arménienne, je devrais probablement mieux connaître la filmographie de Guédiguian ; le fait est que La Villa n'est pourtant que le troisième de ses films que je vois (après Les Neiges du Kilimandjaro et Le Voyage en Arménie), et le premier que je découvre à sa sortie au cinéma. Peut-être que je sentais trop de proximité entre moi et Guédiguian pour m'intéresser à son oeuvre, comme si j'avais l'impression qu'il ne restait pas assez de place pour le cinéma, d'autant plus que j'avais l'idée d'une oeuvre modeste, familiale et revendicative. En réalité il s'agit bien de cinéma dans La Villa, et même du plus noble des cinémas, c'est-à-dire du cinéma classique américain ; à l'époque où les moyens étaient certes bien moindres que ceux d'aujourd'hui, où il y avait beaucoup moins de plans, beaucoup moins de décors, et en même temps beaucoup plus de vie et d'émotion. Aujourd'hui c'est le cinéma français "pauvre" qui a repris le flambeau, et dans La Villa pauvreté est plus que jamais synonyme de beauté. On a le sentiment de l'évidence devant ce film, comme si c'était le cinéma qu'on devrait voir à chaque fois qu'on entre dans une salle, et que pourtant on ne voit que si rarement. D'où la nostalgie qui habite ce film, d'où la menace de disparition qui plane sur lui, mais pourtant cette villa n'est pas une utopie, ce n'est pas quelque chose qui ne pourrait pas exister mais au contraire ce qui devrait exister, en tout cas c'est comme ça que Guédiguian nous la montre. Pourtant le monde va trop vite et il n'y a plus la place pour cette villa, elle est condamnée à disparaître comme celui qui l'a construite.
Mais il n'y a rien de morbide dans ce film ni de victimisation complaisante, Guédiguian célèbre la vie et ne juge aucun de ses personnages, et surtout pas celui d'Anaïs Demoustier, contrepoint aux autres, représentante du nouveau monde en marche, mais humaine elle aussi, et aimable même.
Je suis fier que Marseille ait vu naître un tel film.
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à sa liste Les meilleurs films de 2017
Créée
le 26 déc. 2017
Critique lue 665 fois
8
le 12 déc. 2017
SuivreJ'ai lâché Guédiguian voilà près de 20 ans, avec le sentiment - sans doute injuste - que ses chroniques enchantées sur la classe ouvrière et sur Marseille, qui m'avaient été si chères, n'avaient plus...
8
le 27 nov. 2017
SuivreUn film n’est pas toujours ce qu’il semble être a priori : malgré son apparence intello et auteuriste, La Villa est un film audacieux et courageux. Audacieux, parce qu’il ose être existentiel...
4
le 4 avr. 2018
SuivreA l'instar de Une histoire de fou, Guediguian part d'un synopsis intéressant pour réaliser un travail de qualité secondaire – si ce n'est pire. En effet, encore une fois, on retrouve ces dialogues...
9
le 8 mars 2014
SuivreOn a là un film étrange. Etranges aussi les réactions des spectateurs, qui apparemment ne veulent y voir qu'une série B ratée, indigne du réalisateur de Blow Out, alors qu'il s'agit selon moi de l'un...
10
le 13 juil. 2023
SuivreOn a beaucoup glosé sur le dernier film de David Lynch. Il faut dire qu'il venait après le triomphe - tout à fait justifié - de Mulholland Drive, le film total forcément difficile à réitérer. Lynch...
8
le 13 juil. 2023
SuivrePeut-être qu'il faudrait arrêter de se poser tant de questions, et s'en remettre à ce que le film propose et qui n'a pas besoin d'être interprété : la circulation des corps dans l'espace et dans le...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème