Film à réserver aux fanatiques de Guédiguian qui vont retrouver leurs acteurs habituels, dans une calanque proche de l'Estaque, sous le viaduc où passe le train…

Les acteurs permanents et fidèles, depuis le début, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan, Jacques Boudet. Auxquels on peut ajouter Anaïs Demoustier et Robinson Stevenin qui se sont joints à la tribu …

On a même droit à une courte séquence avec Ascaride, Darroussin, Meylan plus jeunes de 30 ans. Pendant le visionnage, j'hésitais entre un maquillage au top et bluffant ou simplement des effets numériques (on est en 2017) : après vérification, ce n'est ni l'un ni l'autre, c'est un extrait d'un film plus ancien. Ce n'est pas con, comme c'est toujours les mêmes acteurs dans ce même coin de Marseille, Guédiguian devait même avoir l'embarras du choix pour tracer sa séquence.

Ah oui, on me dit dans l'oreillette que je dois parler du film ! Le scénario, ben c'est un peu comme d'habitude : on évoque beaucoup de sujets mais qu'on se dispense d'approfondir sinon pour dire qu'à l'époque (il y a longtemps) il y avait une vraie fraternité entre les hommes, dans un véritable idéal communiste. La preuve, c'est qu'à Noël, devant un grand sapin, il y avait un camion plein de cadeaux qu'on distribuait, en les lançant, à une foule de gens (des prolétaires méritants, sûrement) ; tu fais ça aujourd'hui, c'est l'émeute assurée car il y a des paquets qui sont plus gros que les autres et comme on ne sait pas ce qu'il y a dedans …, je ne te dis pas.

Allez, j'ai un peu exagéré : le scénario raconte une réunion de famille de trois frères et sœur autour du vieux père mourant pour définir le partage de la fameuse villa, du restaurant (aux repas pas chers). En fait, le sujet sera traité rapidement entre trois romances qui sont beaucoup plus importantes aux yeux de Guédiguian.

Avec un goût certain pour le respect de la dissymétrie. Au départ on a un couple constitué d'un vieux (Darroussin) et d'une très jeune femme (Demoustier) qui va se séparer. À l'arrivée, on a un autre couple constitué d'un jeune homme (Stevenin) qui séduit une femme nettement plus âgée (Ascaride). On frise le ridicule. La troisième romance, c'est Demoustier qui va se taper un autre jeune (qui a une grosse moto …) en remplacement du vieux Darroussin, ce que je peux comprendre).

Et puis comme tout ceci devait paraitre un peu léger pour faire un film, le scénariste a l'idée géniale d'introduire des migrants. Attention, trois petits enfants, tout beaux et tout mignons, rescapés d'un bateau qui a sombré. Notre trio de choc va évidemment les secourir et s'en occuper à la barbe des "méchants" parachutistes (des bérets verts !) qui ont pour mission de patrouiller pour récupérer tous les migrants. Il faut voir la réaction antimilitariste, hors de propos (je m'abstiens d'en dire plus), que lance Darroussin au sous-off responsable de la patrouille. Le pire dans cette séquence, c'est qu'on sait bien que, dans ce genre de drame (un bateau qui sombre), les passagers, une fois dans l'eau, rejoignent la terre comme ils peuvent, s'ils y arrivent ; je veux dire que les parents de ces gosses ne sont pas forcément morts noyés comme le sous-entend le film et sont peut-être tout simplement ailleurs, justifiant pleinement la mission des militaires qui est de retrouver et rassembler les survivants.

En bref, on est bien chez Guédiguian où on ne fait qu'effleurer les sujets, où on nostalgise (nouveau verbe...) sur les luttes anciennes, sur l'idéal communiste, sur les nouveaux combats, sur la société qui n'est plus celle d'avant, …

C'est creux, agaçant et c'est oubliable


JeanG55
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le 5 nov. 2025

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