D'emblée, le malaise, sans que l'on sache s'il va être « positif » ou « négatif ». Un écran noir sur fond de musique oppressante, plusieurs minutes durant. La suite, difficile de la décrire si vous n'avez pas vu le film. Entre impression de grande banalité et horreur hors-champ, Jonathan Glazer joue avec beaucoup d'habileté sur la frontière si fine entre les deux, trouvant des angles, des plans assez sidérants pour accentuer le trouble des événements.
Photographie, bande-originale, décors... Tout semble proche et lointain à la fois, seuls les uniformes venant parfois nous rappeler les enjeux et l'époque à laquelle nous nous trouvons. Je comprends aisément que l'on reste hermétique à ce genre d'expérience, et de l'autre, moi qui ne suis pas très porté sur ce style cinématographique, je me suis presque surpris à être captivé par cet étrange spectacle, presque hypnotique, rappelant la « banalité du Mal » chère à Hannah Arendt ou « La Mort est mon métier » de Robert Merle. À voir, ne serait-ce que pour vous faire votre opinion.