Inspiré d'une histoire vraie - mais encore fallait-il aller la chercher et la sublimer comme il l'a fait -, Damien Dorsaz livre un film remarquable de maîtrise aussi bien sur le fond que sur la forme.
Devrim Lingnau qui prend les traits de la mathématicienne et archéologue allemande Maria Reiche y est éblouissante, jusque dans les nuances bleu-vert de ses iris.
Son charisme et son incarnation font honneur à l'intellect et à la persévérance d'une femme exceptionnelle qui a rencontré son destin au fin fond du désert péruvien et consacré sa longue existence à étudier les stupéfiants géoglyphes Nazca et oeuvrer à leur préservation.
Les plans la montrant seule au coeur de l'immensité désertique, balayant et dégageant méthodiquement les kilomètres de lignes droites et de dessins qui constitutent cet ensemble unique, pour mieux les mesurer et les cartographier, sont à couper le souffle.
La réalisation de Damien Dorsaz nimbe le récit d'une douceur poudrée et d'une esthétique organique qui prêtent à l'ensemble la qualité veloutée du conte et soulignent la subjectivité de son approche. D'ailleurs, le dernier plan n'est pas sans évoquer, sans doute intentionnellement, un certain Petit Prince.
Sans être de prime abord une oeuvre militante, Lady Nazca a aussi l'immense mérite de remédier à cette ignoble manie du genre humain consistant à pousser allègrement vers les oubliettes la brillance et les accomplissements exceptionnels quand ils se conjuguent au féminin.
Lady Nazca est une film riche et caressant, qui conjugue à la perfection le grandiose d'un héritage civilisationnel unique et la destinée singulière d'une femme hors-norme.
Merci de m'avoir lue,
Amitiés,
Dustinette