Lady Vengeance est un film en deux parties, deux parties inégales. La première partie qui retrace le parcours de Geum-ja de son arrestation à sa sortie de prison, des balbutiements de son plan jusqu'à une maitrise quasi parfaite de sa vengeance. La seconde partie s'éloigne doucement d'elle pour inclure la colère et surtout la vendetta de ceux qui ont souffert avec elle de cette histoire mais il est clair que sans Geum-ja ces autres n'auraient pu se venger. C'est d'ailleurs une satisfaction pour elle que de pouvoir se venger elle même et de pouvoir se venger en laissant les autres se venger à leur tour. Ca n'a pas l'air très clair avec des mots mais on le ressent très bien dans le film. On ressent aussi très bien les 13 ans de maturation car tout est minutieusement réfléchi.

Ces deux parties me semblent inégales sur beaucoup de points. La première partie est un peu brouillon dans le montage, on s'emmêle vite les pinceaux avec certains personnages et certaines situations. Le ton y est plutôt humoristique, c'est agréable sauf lorsque ça devient un peu trop grotesque. Moi qui pensais voir un film assez noir j'ai eu peur au début d'être tombée sur un véritable navet made in Korea. Et puis on apprend à suivre le rythme. Un tantinet longuet sur la fin on arrive ensuite à la deuxième partie qui est beaucoup plus violente, qu'il s'agisse de l'image avec ses couleurs sombres, de la disparition de l'humour, des scènes dures entre les coups et le réalisme agressif. Rien ne nous est épargné ici.

Lady vengeance est un film intéressant qui traite de sujets sociétaux sérieux et sombres : le kidnapping et la perte d'un enfant, l'aspect obscur de chacun, la vie dans les prisons pour femme, la solidarité des femmes pour ne pas se laisser marcher dessus par les hommes, la reconversion après la prison ou encore l'abandon d'un enfant. De plus Lady vengeance assume ce côté féministe. Le film fait la part belle aux femmes après les avoir fait morfler, il expose les soucis de dominations que l'on rencontre entre les hommes et les femmes mais aussi entre les femmes elles-mêmes, il met en avant une histoire entre un jeune homme et une femme de 13 ans son ainée sans jugement ou interprétation négative, il brandit l'image d'une femme qui n'est ni simplement la victime ni simplement la coupable mais une femme qui a des travers et qui les accepte.

Ce film m'a fait pas mal réfléchir et il est l'un des rares à me paraitre plus brillant 24h après l'avoir vu pour la première fois qu'à la fin de son générique. Il souffre de quelques lourdeurs mais n'en vaut pas moins le détour pour autant.
Wonse
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le 20 avr. 2013

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