Jean-Benoît Ugeux a sans doute mis beaucoup de lui-même dans sa première réalisation, L'âge mûr, se chargeant de jouer en personne le rôle principal. Un type d'une quarantaine d'années, comblé par son métier d'architecte, mais encore en apprentissage sur le plan sentimental, qui confond cadeaux de prix avec tendresse. Ce portrait d'un homme à la croisée des chemins, un brin mythomane, vaut par son humour, ce n'est pas un film 100% bruxellois pour rien, et son amertume. C'est aussi la découverte de la paternité, même indirecte, qui pourrait éventuellement le ramener les pieds sur terre, ou pas. C'est quelqu'un d'imparfait, trop hâbleur pour ne pas cacher quelques lézardes, et l'on sait gré au cinéaste de ne pas en faire un être d'un seul tenant, même s'il le rend parfois un peu antipathique. Il ne se passe pas beaucoup de choses dans L'âge mûr, mais c'est bien le but, justement, de montrer la vie comme elle va, entre cadres professionnel et privé. Derrière la banalité apparente, une certaine profondeur psychologique affleure, mais on aurait aimé qu'elle s'étende à d'autres personnages que celui de cet égoïste pour qui il est peut-être encore temps de commencer à s'intéresser aux autres, en évitant les maladresses grossières essentiellement dues à des largesses qui ne sont que celles permises par son compte en banque.

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le 16 nov. 2025

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